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Lista no exhaustiva de folklore musical argentino :

- Clásicos imprescindibles : Atahualpa Yupanqui y Mercedes Sosa. Discografía numerosa y fácilmente disponible en Europa.

- Excenlentes : menos conocidos acá, en Europa, y probablemente difícil para hallar en Francia. Me gustan particularmente las voces y la poesía de Los Olimareños y de Alfredo Zitarrosa (uruguayos).

- Descubrir también : Carlos Di Fulvio, Jorge Cafrune, José Larralde, Chaqueño Palavecino, etc...

Liste non exhaustive de folklore musical argentin :

- Classiques incontournables : Atahualpa Yupanqui y Mercedes Sosa. Discographie nombreuse et facilement trouvable en Europe.

- Excellents : moins connus ici, en Europe, et probablement difficile à trouver en France. J'aime particulièrement les voies et la poésie de Los Olimareños et d'Alfredo Zitarrosa (uruguayens).

- A découvrir également : Carlos Di Fulvio, Jorge Cafrune, José Larralde, Chaqueño Palavecino, etc...

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Samedi 23 décembre 2006
Era una noche fría de enero. La luz de los faroles daba al cielo bajo un color amarillento. Yo caminaba por calles empapadas por una nieve que se derretía apenas caída en la acera pisada por nuestros pasos apresurados de transeúntes vestidos de negro y de gris. Andábamos curvados, el cuello del abrigo subido para tratar de impedir a los copos acabar sus carreras deslizándose en la piel tibia de la espalda. Fue entonces cuando me atrajeron los llantos del hombre. Venían del fondo de un patio oscuro cuya puerta había quedado abierta. Entré. Estaba sentado en el suelo, se protegía de la nieve con un cartón puesto por encima de su cabeza, tenía a su lado una guitarra. De cerca, los llantos parecían más un canto monótono e inarticulado. Al verme, me saludó con la sonrisa crispada de la desesperación. Me dijo, sin que le preguntara nada, que era argentino. Le pregunté por qué me mentía. Sus rasgos de indio no podían ser los de un argentino, el país más europeo, más blanco de Sudamérica. Pero insistió. Le pedí entonces, como prueba, que me bailara un tango. Pero no tenía piernas. ¡Que me lo tocara con su guitarra entonces! Pero no tenía brazos. ¡Pues bien, que me lo cantara! No conocía ningún tango, me proponía cantar el folklore de su país. No quise escuchar más mentiras, le eché una moneda y lo abandoné a su soledad.
Al día siguiente llamé el consulado de Argentina para denunciar al mentiroso, pero me confirmaron que era en efecto de su país. Me explicaron que existía otra Argentina, más escondida, más humilde. En ésta, no se escuchaba el tango, la gente no visitaba las ballenas mientras se renovaba la cara o se subía los senos, ni se duchaba abajo de cataratas gigantescas, ni se helaban al viento permanente de glaciares míticos. En ésta, se cruzaban llamas e indios en desiertos áridos. A veces esos indios no entendían bien el castellano pero algunos tocaban y cantaban un hermoso folklore que no trataba de cuchillazos y de mujeres perdidas sino de labor dura, de servidumbre, del desamparo de un Dios que bendecía al patrón, de la quemadura del deseo y de la desilusión del amor de juventud.
La noche siguiente volví hacia el patio. El cielo había sido limpiado y el suelo secado por el viento riguroso del este. Acercándome al patio no oí el gemido de la víspera sino una canción hermosa y suave. La guitarra se tocaba sola. Las coplas salían de debajo del cartón, lo levanté. El viento se llevó un montoncito de tierra color de arena y con la tierra se fue el canto.
 

 

C'était une nuit froide de janvier. La lumière des réverbères donnait au ciel bas une couleur jaunâtre. Je me baladais dans des rues détrempées par une neige fondue à peine tombée sur le trottoir foulé par nos pas pressés de passants vêtus de noir et de gris. Nous marchions courbés, le col du manteau remonté pour tenter d'empêcher les flocons de finir leur course en glissant sur la peau tiède du dos. Ce fut alors que les pleurs de l'Homme m’attirèrent. Ils venaient du fond d'une cour obscure dont la porte était restée ouverte. J'entrai. Il était assis à même le sol, il se protégeait de la neige avec un carton posé au dessus de sa tête, il avait à son coté une guitare. De près, les pleurs ressemblaient plus à un chant monotone et inarticulé. En me voyant, il m'a salué avec le sourire crispé du désespoir. Il me dît, sans que je ne l’aie sollicité, qu'il était argentin. Je lui ai demandé pourquoi il me mentait. Ses traits d'indien ne pouvaient pas être ceux d'un argentin, le pays le plus européen, le plus blanc d'Amérique du sud. Mais il insista. Je lui ai demandé alors, comme preuve, qu'il me danse un tango. Mais il n'avait pas de jambe. Qu'il m'en joue un avec sa guitare alors ! Mais il n'avait pas de bras. D'accord, qu'il m'en chante un ! Il ne connaissait aucun tango, il me proposait de chanter le folklore de son pays. Je n'ai pas voulu écouter un mensonge de plus, je lui ai jeté une pièce de monnaie et je l'ai abandonné à sa solitude.

Le jour suivant, j'ai appelé le consulat argentin pour dénoncer le menteur, mais ils me confirmèrent qu'il était en effet de chez eux. Ils m'expliquèrent qu'il existait une autre Argentine, plus cachée, plus humble. Dans celle-ci, on n'écoute pas de tango, les gens ne rendent pas visite aux baleines pendant qu'ils se font refaire le visage ou remonter les seins, ni ne se douchent sous des cataractes géantes, ni ne se gèlent au vent permanent de glaciers mythiques. Dans celle-ci, on croise des lamas et des indiens dans des déserts arides. Parfois ces indiens ne comprennent pas bien le castillan mais certains jouent et chantent un beau folklore qui ne parle pas de coups de couteau et de femmes de mauvaise vie mais de dur travail des chants, de servitude, de l'abandon d'un Dieu qui béni le patron, de la brûlure du désir et de la désillusion de l'amour de jeunesse.

La nuit suivante je suis retourné vers la cour. Le ciel avait été lavé et le sol séché par le vent rigoureux de l'est. En m'approchant de la cour je n'entendis pas les gémissement de la veille mais une belle et douce chanson. La guitare jouait toute seule. les couplets sortaient d'en dessous du carton, je l'ai levé. Le vent emporta un petit tas de terre couleur sable et avec la terre s'en fut le chant.

 

 

 

Par Philippe Cosson - Publié dans : amargentina
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