Lista no exhaustiva de folklore musical argentino :
- Clásicos imprescindibles : Atahualpa Yupanqui y Mercedes Sosa. Discografía numerosa y fácilmente disponible en Europa.
- Excenlentes : menos conocidos acá, en Europa, y probablemente difícil para hallar en Francia. Me gustan particularmente las voces y la poesía de Los Olimareños y de Alfredo Zitarrosa (uruguayos).
- Descubrir también : Carlos Di Fulvio, Jorge Cafrune, José Larralde, Chaqueño Palavecino, etc...
Liste non exhaustive de folklore musical argentin :
- Classiques incontournables : Atahualpa Yupanqui y Mercedes Sosa. Discographie nombreuse et facilement trouvable en Europe.
- Excellents : moins connus ici, en Europe, et probablement difficile à trouver en France. J'aime particulièrement les voies et la poésie de Los Olimareños et d'Alfredo Zitarrosa (uruguayens).
- A découvrir également : Carlos Di Fulvio, Jorge Cafrune, José Larralde, Chaqueño Palavecino, etc...
C'était une nuit froide de janvier. La lumière des réverbères donnait au ciel bas une couleur jaunâtre. Je me baladais dans des rues détrempées par une neige fondue à peine tombée sur le trottoir foulé par nos pas pressés de passants vêtus de noir et de gris. Nous marchions courbés, le col du manteau remonté pour tenter d'empêcher les flocons de finir leur course en glissant sur la peau tiède du dos. Ce fut alors que les pleurs de l'Homme m’attirèrent. Ils venaient du fond d'une cour obscure dont la porte était restée ouverte. J'entrai. Il était assis à même le sol, il se protégeait de la neige avec un carton posé au dessus de sa tête, il avait à son coté une guitare. De près, les pleurs ressemblaient plus à un chant monotone et inarticulé. En me voyant, il m'a salué avec le sourire crispé du désespoir. Il me dît, sans que je ne l’aie sollicité, qu'il était argentin. Je lui ai demandé pourquoi il me mentait. Ses traits d'indien ne pouvaient pas être ceux d'un argentin, le pays le plus européen, le plus blanc d'Amérique du sud. Mais il insista. Je lui ai demandé alors, comme preuve, qu'il me danse un tango. Mais il n'avait pas de jambe. Qu'il m'en joue un avec sa guitare alors ! Mais il n'avait pas de bras. D'accord, qu'il m'en chante un ! Il ne connaissait aucun tango, il me proposait de chanter le folklore de son pays. Je n'ai pas voulu écouter un mensonge de plus, je lui ai jeté une pièce de monnaie et je l'ai abandonné à sa solitude.
Le jour suivant, j'ai appelé le consulat argentin pour dénoncer le menteur, mais ils me confirmèrent qu'il était en effet de chez eux. Ils m'expliquèrent qu'il existait une autre Argentine, plus cachée, plus humble. Dans celle-ci, on n'écoute pas de tango, les gens ne rendent pas visite aux baleines pendant qu'ils se font refaire le visage ou remonter les seins, ni ne se douchent sous des cataractes géantes, ni ne se gèlent au vent permanent de glaciers mythiques. Dans celle-ci, on croise des lamas et des indiens dans des déserts arides. Parfois ces indiens ne comprennent pas bien le castillan mais certains jouent et chantent un beau folklore qui ne parle pas de coups de couteau et de femmes de mauvaise vie mais de dur travail des chants, de servitude, de l'abandon d'un Dieu qui béni le patron, de la brûlure du désir et de la désillusion de l'amour de jeunesse.
La nuit suivante je suis retourné vers la cour. Le ciel avait été lavé et le sol séché par le vent rigoureux de l'est. En m'approchant de la cour je n'entendis pas les gémissement de la veille mais une belle et douce chanson. La guitare jouait toute seule. les couplets sortaient d'en dessous du carton, je l'ai levé. Le vent emporta un petit tas de terre couleur sable et avec la terre s'en fut le chant.
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