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Lista no exhaustiva de folklore musical argentino :

- Clásicos imprescindibles : Atahualpa Yupanqui y Mercedes Sosa. Discografía numerosa y fácilmente disponible en Europa.

- Excenlentes : menos conocidos acá, en Europa, y probablemente difícil para hallar en Francia. Me gustan particularmente las voces y la poesía de Los Olimareños y de Alfredo Zitarrosa (uruguayos).

- Descubrir también : Carlos Di Fulvio, Jorge Cafrune, José Larralde, Chaqueño Palavecino, etc...

Liste non exhaustive de folklore musical argentin :

- Classiques incontournables : Atahualpa Yupanqui y Mercedes Sosa. Discographie nombreuse et facilement trouvable en Europe.

- Excellents : moins connus ici, en Europe, et probablement difficile à trouver en France. J'aime particulièrement les voies et la poésie de Los Olimareños et d'Alfredo Zitarrosa (uruguayens).

- A découvrir également : Carlos Di Fulvio, Jorge Cafrune, José Larralde, Chaqueño Palavecino, etc...

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Samedi 23 décembre 2006
 
 
Se acuclilló al borde de la carretera, larga cinta de gravas perfectamente recta. Su posición de momia inca podía dar a pensar que iba a defecar. En realidad se protegía del frío apretando sus rodillas en sus brazos contra su pecho. Era un amanecer con una luz todavía tenue. Los rayos del sol rozaban apenas la meseta árida, la niebla envolvía el silencio de una naturaleza todavía adormecida, el horizonte estaba limitado por todas partes por las altas montañas que nunca había franqueado, confines de su mundo.  Pertenecía al desierto. Era hija de la sequía, hija del viento, siempre vestida de lana: falda negra holgada sobre sus anchas caderas de hija hecha para ser madre, cancanes azules, chomba verde y chaleco rojo. En sus pies, los zapatos de tela blanca quedaban abiertos por falta de cordones. Trenzaba sus cabellos negros, brillantes y lisos. Los cubría con un sombrero hongo beis que parecía demasiado pequeño en la cima de su cabeza. El rostro moreno era redondo con pómulos salientes pintados de rojo. En la espalda el bebé estaba apretado en una manta colorida, no podía mover ni un solo dedo del pie. ¿Dormía?
Poco a poco se levantó el sol sobre la escena de la vida, simple tarima de madera y cortinas de arco iris rodeado por un matorral espinoso y sin hojas. Ella se quedó quieta durante horas, horas de recuerdo sin un solo movimiento de párpado. Vio a una niña jugando con su muñeca, vio a una banda de chiquitos que corrían alrededor, se reían, se burlaban de ella. Le robaron su muñeca. Hubo un hombre. ¿Era su padre? No hubo una mujer para actuar de mamá. Hubo una jovencita arrodillada que fregaba la arena con sus cabellos y sus lágrimas. Vino un caballo montado por un gaucho. Tomó a la jovencita por el cabello, la alzó del suelo, ella se rió sacudiendo sus pies en el aire, se echó a volar un ratito con un buitre. Ese mismo buitre que planeaba desde el amanecer arriba del desierto con las pupilas fijadas sobre el retoño. En el acto final, al canto ronco del buitre que montaba el caballo, vio aquel alazán arrastrar el cuerpo de la jovencita embarazada mientras que el alma de aquélla abrazaba al ave.
El sol estaba en el cenit, llegó por la carretera una furgoneta que se detuvo a un signo que hizo ella con gran discreción y sólo conocido por los de la meseta. Subió al coche. Se iba sola con su hijo ya muerto en la espalda. Nunca volverá.
 

Elle s’agenouilla au bord de la route, large ruban caillouteux parfaitement rectiligne. Sa position de momie inca pouvait laisser penser qu'elle allait déféquer. En réalité elle se protégeait du froid en serrant ses genoux dans ses bras tout contre sa poitrine. C’était un petit matin avec une lumière encore ténue. Les rayons du soleil frôlaient à peine le plateau aride, le brouillard enveloppait le silence d’une nature encore assoupie, l’horizon était limité de toute part par les hautes montagnes qu’elle n’avait jamais franchies, confins de son monde. Elle appartenait au désert. Elle était fille de la sécheresse, fille du vent, toujours vêtue de laine : jupe noire ample sur ses larges hanches de fille faite pour être mère, collants bleus, pull vert et gilet rouge. Aux pieds, les chaussures de toile blanche restaient ouvertes faute de lacet. Elle tressait ses cheveux noirs, brillants et lisses. Elle les couvrait d’un chapeau melon beige qui semblait trop petit au sommet de sa tête. Le visage brun était rond avec des pommettes saillantes peintes en rouge. Dans le dos, le bébé était enserré dans une couverture multicolore, il ne pouvait pas bouger un seul doigt de pied. Dormait-il?

Peu à peu le soleil s’est levé sur la scène de la vie, simple estrade de bois et rideaux d’arc en ciel entourés par des buissons épineux et sans feuilles. Elle est restée immobile pendant des heures, heures de souvenir sans même un mouvement de paupière. Elle a vu une fillette jouer avec sa poupée, elle a vu une bande de jeunes garçons qui lui couraient autours, il riaient, ils se moquaient d’elle. Ils lui volèrent sa poupée. Il y eu un homme. Était-ce son père ? Il n’y eut pas de femme pour jouer le rôle de la mère. Il y eut une jeune fille agenouillée qui lavait le sable avec ses cheveux et ses larmes. Vint un cheval monté par un gaucho. Il prit la jeune fille par la chevelure, la souleva au-dessus du sol, elle rit en secouant ses pieds dans l’air, elle s’envola un court instant avec un vautour. Ce même vautour qui planait depuis le petit matin au dessus du désert avec les pupilles fixées sur le rejeton. Dans l’acte final, au chant rauque du vautour qui montait le cheval, elle vit l’alezan traîner le corps de la jeune fille enceinte pendant que l’âme de celle-ci embrassait l’oiseau.

Le soleil était au zénith, arriva par la route une fourgonnette qui s’arrêta à un signe qu’elle fit avec grande discrétion et seulement connu par ceux du plateau. Elle monta dans la voiture. Elle s’en allait avec son fils déjà mort dans le dos. Jamais elle ne reviendra.

Par Philippe Cosson - Publié dans : amargentina
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