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Lista no exhaustiva de folklore musical argentino :

- Clásicos imprescindibles : Atahualpa Yupanqui y Mercedes Sosa. Discografía numerosa y fácilmente disponible en Europa.

- Excenlentes : menos conocidos acá, en Europa, y probablemente difícil para hallar en Francia. Me gustan particularmente las voces y la poesía de Los Olimareños y de Alfredo Zitarrosa (uruguayos).

- Descubrir también : Carlos Di Fulvio, Jorge Cafrune, José Larralde, Chaqueño Palavecino, etc...

Liste non exhaustive de folklore musical argentin :

- Classiques incontournables : Atahualpa Yupanqui y Mercedes Sosa. Discographie nombreuse et facilement trouvable en Europe.

- Excellents : moins connus ici, en Europe, et probablement difficile à trouver en France. J'aime particulièrement les voies et la poésie de Los Olimareños et d'Alfredo Zitarrosa (uruguayens).

- A découvrir également : Carlos Di Fulvio, Jorge Cafrune, José Larralde, Chaqueño Palavecino, etc...

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Samedi 23 décembre 2006
 
 
   
 
 
 
 
Les voy a mostrar en este blog algunas fotos de mi primer viaje a Argentina.
No les presentaré la Argentina de los circuitos turísticos clásicos (Caminito y el tango, la pampa, Iguazú, la Península de Valdes, el Perito Moreno, la Tierra del Fuego, etc…). Yo fui a buscar los testimonios de la historia más antigua del país: los restos de la cultura precolombina, de la conquista española y de la independencia. Me gustaría compartir con ustedes el rostro menos conocido en Europa de una nación que no se limita a Buenos Aires, al tango y  a los grandes espacios despoblados. No desvaloro ésto, que forma parte del alma argentina y también me gusta, pero es el aspecto más fácil de encontrar en numerosas guías o libros de colección.
Al contrario, me fue un poquito difícil conseguir información precisa acerca de  los lugares que quería visitar en el noroeste del país. Sobre todo no encontraba fotografías atractivas y hubo un momento en el que me puse a dudar de la hermosura de esas provincias y de lo bien fundado de mi deseo de ir a esa región.
Fue por eso que decidí ofrecerles este blog, para que conocieran estas provincias y tuvieran ganas de ir también. Este país y la acogida excepcional que encontré durante todo mi viaje merecen vuestra atención. 

Je vais vous montrer dans ce blog quelques photos de mon premier voyage en Argentine. Je ne vous présenterai pas l'Argentine des circuits touristiques classiques (Caminito et le tango, la pampa, Iguaçu, la Péninsule Valdés, le Perito Moreno, la Terre de feu, etc...). Personnellement je suis allé chercher les témoignages de l'histoire la plus ancienne du pays : les restes de la culture précolombienne, de la conquête espagnole et de l'indépendance. J'aimerais partager avec vous le visage moins connu en Europe d'une nation qui ne se limite pas à Buenos Aires, au tango et aux grands espaces inhabités. Non que je dévalorise ce dernier aspect qui fait aussi partie de l'âme argentine et me plait également, mais c'est là l'aspect le plus facile à trouver dans de nombreux guides et livres de collection.

En revanche, il me fut un peu difficile d'obtenir des informations précises sur les lieux que je voulais visiter au nord du pays. Surtout, je ne trouvais pas de photographies attirantes et il y eu un moment durant lequel je me suis mis à douter de la beauté de ces provinces et du bien fondé de mon désir de m'y rendre.

C'est pour cela que j'ai décidé de vous offrir ce blog, afin que vous connaissiez ces provinces et ayez envie d'y aller également. Ce pays et l'accueil exceptionnel que j'y ai rencontré pendant tout mon voyage méritent votre attention.

 

 

 

 

 

Par Philippe Cosson - Publié dans : amargentina
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Samedi 23 décembre 2006
Era una noche fría de enero. La luz de los faroles daba al cielo bajo un color amarillento. Yo caminaba por calles empapadas por una nieve que se derretía apenas caída en la acera pisada por nuestros pasos apresurados de transeúntes vestidos de negro y de gris. Andábamos curvados, el cuello del abrigo subido para tratar de impedir a los copos acabar sus carreras deslizándose en la piel tibia de la espalda. Fue entonces cuando me atrajeron los llantos del hombre. Venían del fondo de un patio oscuro cuya puerta había quedado abierta. Entré. Estaba sentado en el suelo, se protegía de la nieve con un cartón puesto por encima de su cabeza, tenía a su lado una guitarra. De cerca, los llantos parecían más un canto monótono e inarticulado. Al verme, me saludó con la sonrisa crispada de la desesperación. Me dijo, sin que le preguntara nada, que era argentino. Le pregunté por qué me mentía. Sus rasgos de indio no podían ser los de un argentino, el país más europeo, más blanco de Sudamérica. Pero insistió. Le pedí entonces, como prueba, que me bailara un tango. Pero no tenía piernas. ¡Que me lo tocara con su guitarra entonces! Pero no tenía brazos. ¡Pues bien, que me lo cantara! No conocía ningún tango, me proponía cantar el folklore de su país. No quise escuchar más mentiras, le eché una moneda y lo abandoné a su soledad.
Al día siguiente llamé el consulado de Argentina para denunciar al mentiroso, pero me confirmaron que era en efecto de su país. Me explicaron que existía otra Argentina, más escondida, más humilde. En ésta, no se escuchaba el tango, la gente no visitaba las ballenas mientras se renovaba la cara o se subía los senos, ni se duchaba abajo de cataratas gigantescas, ni se helaban al viento permanente de glaciares míticos. En ésta, se cruzaban llamas e indios en desiertos áridos. A veces esos indios no entendían bien el castellano pero algunos tocaban y cantaban un hermoso folklore que no trataba de cuchillazos y de mujeres perdidas sino de labor dura, de servidumbre, del desamparo de un Dios que bendecía al patrón, de la quemadura del deseo y de la desilusión del amor de juventud.
La noche siguiente volví hacia el patio. El cielo había sido limpiado y el suelo secado por el viento riguroso del este. Acercándome al patio no oí el gemido de la víspera sino una canción hermosa y suave. La guitarra se tocaba sola. Las coplas salían de debajo del cartón, lo levanté. El viento se llevó un montoncito de tierra color de arena y con la tierra se fue el canto.
 

 

C'était une nuit froide de janvier. La lumière des réverbères donnait au ciel bas une couleur jaunâtre. Je me baladais dans des rues détrempées par une neige fondue à peine tombée sur le trottoir foulé par nos pas pressés de passants vêtus de noir et de gris. Nous marchions courbés, le col du manteau remonté pour tenter d'empêcher les flocons de finir leur course en glissant sur la peau tiède du dos. Ce fut alors que les pleurs de l'Homme m’attirèrent. Ils venaient du fond d'une cour obscure dont la porte était restée ouverte. J'entrai. Il était assis à même le sol, il se protégeait de la neige avec un carton posé au dessus de sa tête, il avait à son coté une guitare. De près, les pleurs ressemblaient plus à un chant monotone et inarticulé. En me voyant, il m'a salué avec le sourire crispé du désespoir. Il me dît, sans que je ne l’aie sollicité, qu'il était argentin. Je lui ai demandé pourquoi il me mentait. Ses traits d'indien ne pouvaient pas être ceux d'un argentin, le pays le plus européen, le plus blanc d'Amérique du sud. Mais il insista. Je lui ai demandé alors, comme preuve, qu'il me danse un tango. Mais il n'avait pas de jambe. Qu'il m'en joue un avec sa guitare alors ! Mais il n'avait pas de bras. D'accord, qu'il m'en chante un ! Il ne connaissait aucun tango, il me proposait de chanter le folklore de son pays. Je n'ai pas voulu écouter un mensonge de plus, je lui ai jeté une pièce de monnaie et je l'ai abandonné à sa solitude.

Le jour suivant, j'ai appelé le consulat argentin pour dénoncer le menteur, mais ils me confirmèrent qu'il était en effet de chez eux. Ils m'expliquèrent qu'il existait une autre Argentine, plus cachée, plus humble. Dans celle-ci, on n'écoute pas de tango, les gens ne rendent pas visite aux baleines pendant qu'ils se font refaire le visage ou remonter les seins, ni ne se douchent sous des cataractes géantes, ni ne se gèlent au vent permanent de glaciers mythiques. Dans celle-ci, on croise des lamas et des indiens dans des déserts arides. Parfois ces indiens ne comprennent pas bien le castillan mais certains jouent et chantent un beau folklore qui ne parle pas de coups de couteau et de femmes de mauvaise vie mais de dur travail des chants, de servitude, de l'abandon d'un Dieu qui béni le patron, de la brûlure du désir et de la désillusion de l'amour de jeunesse.

La nuit suivante je suis retourné vers la cour. Le ciel avait été lavé et le sol séché par le vent rigoureux de l'est. En m'approchant de la cour je n'entendis pas les gémissement de la veille mais une belle et douce chanson. La guitare jouait toute seule. les couplets sortaient d'en dessous du carton, je l'ai levé. Le vent emporta un petit tas de terre couleur sable et avec la terre s'en fut le chant.

 

 

 

Par Philippe Cosson - Publié dans : amargentina
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Samedi 23 décembre 2006
 
 
Se acuclilló al borde de la carretera, larga cinta de gravas perfectamente recta. Su posición de momia inca podía dar a pensar que iba a defecar. En realidad se protegía del frío apretando sus rodillas en sus brazos contra su pecho. Era un amanecer con una luz todavía tenue. Los rayos del sol rozaban apenas la meseta árida, la niebla envolvía el silencio de una naturaleza todavía adormecida, el horizonte estaba limitado por todas partes por las altas montañas que nunca había franqueado, confines de su mundo.  Pertenecía al desierto. Era hija de la sequía, hija del viento, siempre vestida de lana: falda negra holgada sobre sus anchas caderas de hija hecha para ser madre, cancanes azules, chomba verde y chaleco rojo. En sus pies, los zapatos de tela blanca quedaban abiertos por falta de cordones. Trenzaba sus cabellos negros, brillantes y lisos. Los cubría con un sombrero hongo beis que parecía demasiado pequeño en la cima de su cabeza. El rostro moreno era redondo con pómulos salientes pintados de rojo. En la espalda el bebé estaba apretado en una manta colorida, no podía mover ni un solo dedo del pie. ¿Dormía?
Poco a poco se levantó el sol sobre la escena de la vida, simple tarima de madera y cortinas de arco iris rodeado por un matorral espinoso y sin hojas. Ella se quedó quieta durante horas, horas de recuerdo sin un solo movimiento de párpado. Vio a una niña jugando con su muñeca, vio a una banda de chiquitos que corrían alrededor, se reían, se burlaban de ella. Le robaron su muñeca. Hubo un hombre. ¿Era su padre? No hubo una mujer para actuar de mamá. Hubo una jovencita arrodillada que fregaba la arena con sus cabellos y sus lágrimas. Vino un caballo montado por un gaucho. Tomó a la jovencita por el cabello, la alzó del suelo, ella se rió sacudiendo sus pies en el aire, se echó a volar un ratito con un buitre. Ese mismo buitre que planeaba desde el amanecer arriba del desierto con las pupilas fijadas sobre el retoño. En el acto final, al canto ronco del buitre que montaba el caballo, vio aquel alazán arrastrar el cuerpo de la jovencita embarazada mientras que el alma de aquélla abrazaba al ave.
El sol estaba en el cenit, llegó por la carretera una furgoneta que se detuvo a un signo que hizo ella con gran discreción y sólo conocido por los de la meseta. Subió al coche. Se iba sola con su hijo ya muerto en la espalda. Nunca volverá.
 

Elle s’agenouilla au bord de la route, large ruban caillouteux parfaitement rectiligne. Sa position de momie inca pouvait laisser penser qu'elle allait déféquer. En réalité elle se protégeait du froid en serrant ses genoux dans ses bras tout contre sa poitrine. C’était un petit matin avec une lumière encore ténue. Les rayons du soleil frôlaient à peine le plateau aride, le brouillard enveloppait le silence d’une nature encore assoupie, l’horizon était limité de toute part par les hautes montagnes qu’elle n’avait jamais franchies, confins de son monde. Elle appartenait au désert. Elle était fille de la sécheresse, fille du vent, toujours vêtue de laine : jupe noire ample sur ses larges hanches de fille faite pour être mère, collants bleus, pull vert et gilet rouge. Aux pieds, les chaussures de toile blanche restaient ouvertes faute de lacet. Elle tressait ses cheveux noirs, brillants et lisses. Elle les couvrait d’un chapeau melon beige qui semblait trop petit au sommet de sa tête. Le visage brun était rond avec des pommettes saillantes peintes en rouge. Dans le dos, le bébé était enserré dans une couverture multicolore, il ne pouvait pas bouger un seul doigt de pied. Dormait-il?

Peu à peu le soleil s’est levé sur la scène de la vie, simple estrade de bois et rideaux d’arc en ciel entourés par des buissons épineux et sans feuilles. Elle est restée immobile pendant des heures, heures de souvenir sans même un mouvement de paupière. Elle a vu une fillette jouer avec sa poupée, elle a vu une bande de jeunes garçons qui lui couraient autours, il riaient, ils se moquaient d’elle. Ils lui volèrent sa poupée. Il y eu un homme. Était-ce son père ? Il n’y eut pas de femme pour jouer le rôle de la mère. Il y eut une jeune fille agenouillée qui lavait le sable avec ses cheveux et ses larmes. Vint un cheval monté par un gaucho. Il prit la jeune fille par la chevelure, la souleva au-dessus du sol, elle rit en secouant ses pieds dans l’air, elle s’envola un court instant avec un vautour. Ce même vautour qui planait depuis le petit matin au dessus du désert avec les pupilles fixées sur le rejeton. Dans l’acte final, au chant rauque du vautour qui montait le cheval, elle vit l’alezan traîner le corps de la jeune fille enceinte pendant que l’âme de celle-ci embrassait l’oiseau.

Le soleil était au zénith, arriva par la route une fourgonnette qui s’arrêta à un signe qu’elle fit avec grande discrétion et seulement connu par ceux du plateau. Elle monta dans la voiture. Elle s’en allait avec son fils déjà mort dans le dos. Jamais elle ne reviendra.

Par Philippe Cosson - Publié dans : amargentina
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